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Portrait ou autoportrait de femme artiste

Ecole française

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Pastel sur vélin ovale
54 x 44,5 cm
Circa 1780

Ce délicat pastel représente une jeune femme saisie à mi-buste, le crayon tenu avec assurance dans la main droite en train de dessiner. Son regard tourné vers le spectateur suggère qu’il s’agit d’un autoportrait. 

Le portrait au pastel a connu son véritable âge d'or au XVIIIe siècle, pratiqué par de nombreux artistes pour répondre aux exigences d’une clientèle toujours plus nombreuse qui souhaitait se faire portraiturer. Le succès de cette technique à Paris est notamment déclenché par l'arrivée de la Vénitienne Rosalba Carriera vers 1720 qui introduit un style élégant, vaporeux et spontané qui séduit la société de la Régence. Le pastel présente de nombreux avantages techniques et esthétiques par rapport à la peinture à l'huile notamment sa rapidité d'exécution, atout majeur dans le cadre du portrait qui permet de faire poser le sujet du tableau peu de temps sans le lasser. L’artiste pouvait ainsi capter sur le vif la vivacité de l’expression et la vérité psychologique de son sujet. Notre artiste, à l’instar de ses contemporains pastellistes, joue sur la "fleur du pastel", la dernière couche de poudre non fixée, pour donner une intensité, une profondeur et une vraisemblance incomparables aux tons des carnations. Ce pastel est par ailleurs monté sur un fragment d’huile sur toile, pourtant bien exécuté, signe d’un certain désintérêt pour la peinture au profit du pastel dans une partie de la population. 

Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, l'autoportrait féminin, notamment au pastel, devient un fait de société et un manifeste politique, on compte plus de soixante autoportraits féminins exposés dans les Salons entre 1770 et 1804. Utilisé par les femmes pour revendiquer publiquement un véritable statut d'artiste. Non plus objet du regard masculin, elles deviennent le sujet de leur propre regard et se peignent en tant qu'individus réels et non en figures mythiques, historiques ou allégoriques. Plusieurs artistes pastellistes ont été pionnière dans cette évolution comme Marie-Suzanne Roslin, Adélaïde Labille-Guiard ou encore Gabrielle Capet, fille de domestique et élève de la précédente, qui expose son propre portrait au travail en 1784, montrant que l'art, et notamment le pastel, peut être un formidable vecteur d'ascension sociale pour les femmes. En 1786, de jeunes élèves, encouragées par ces succès, se rendent en masse au Salon de la Jeunesse place Dauphine pour y exposer leurs autoportraits. Il y a fort à parier que notre autoportrait a été réalisé dans ces années par une des plus douées de ces jeunes artistes. Cet élan d'émancipation, particulièrement visible à travers le pastel, sera malheureusement stoppé par les institutions révolutionnaires, comme la Société Populaire et Républicaine des Arts, qui excluront à nouveau les femmes du champ de l'art à partir de 1793.

L’artiste talentueuse de ce charmant autoportrait sensible et raffiné, dominé par des roses poudrés et des blancs nacrés, nous regarde. Elle se révèle autant qu’elle s’affirme. Nous en apprenons beaucoup sur elle en contemplant cette œuvre sans que l’état de la recherche à ce jour nous permette de lui donner un nom. Il n’en reste pas moins qu’en plus d’être une œuvre de grande qualité, ce portrait est une parfaite illustration de la vogue du pastel au XVIIIe siècle, et un brillant témoignage de l’attrait des femmes pour ce médium qui caractérise cette fin de siècle. 

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Le portrait au pastel a connu son véritable âge d'or au XVIIIe siècle, pratiqué par de nombreux artistes pour répondre aux exigences d’une clientèle toujours plus nombreuse qui souhaitait se faire portraiturer. Le succès de cette technique à Paris est notamment déclenché par l'arrivée de la Vénitienne Rosalba Carriera vers 1720 qui introduit un style élégant, vaporeux et spontané qui séduit la société de la Régence. Le pastel présente de nombreux avantages techniques et esthétiques par rapport à la peinture à l'huile notamment sa rapidité d'exécution, atout majeur dans le cadre du portrait qui permet de faire poser le sujet du tableau peu de temps sans le lasser. L’artiste pouvait ainsi capter sur le vif la vivacité de l’expression et la vérité psychologique de son sujet. Notre artiste, à l’instar de ses contemporains pastellistes, joue sur la "fleur du pastel", la dernière couche de poudre non fixée, pour donner une intensité, une profondeur et une vraisemblance incomparables aux tons des carnations. Ce pastel est par ailleurs monté sur un fragment d’huile sur toile, pourtant bien exécuté, signe d’un certain désintérêt pour la peinture au profit du pastel dans une partie de la population. 

Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, l'autoportrait féminin, notamment au pastel, devient un fait de société et un manifeste politique, on compte plus de soixante autoportraits féminins exposés dans les Salons entre 1770 et 1804. Utilisé par les femmes pour revendiquer publiquement un véritable statut d'artiste. Non plus objet du regard masculin, elles deviennent le sujet de leur propre regard et se peignent en tant qu'individus réels et non en figures mythiques, historiques ou allégoriques. Plusieurs artistes pastellistes ont été pionnière dans cette évolution comme Marie-Suzanne Roslin, Adélaïde Labille-Guiard ou encore Gabrielle Capet, fille de domestique et élève de la précédente, qui expose son propre portrait au travail en 1784, montrant que l'art, et notamment le pastel, peut être un formidable vecteur d'ascension sociale pour les femmes. En 1786, de jeunes élèves, encouragées par ces succès, se rendent en masse au Salon de la Jeunesse place Dauphine pour y exposer leurs autoportraits. Il y a fort à parier que notre autoportrait a été réalisé dans ces années par une des plus douées de ces jeunes artistes. Cet élan d'émancipation, particulièrement visible à travers le pastel, sera malheureusement stoppé par les institutions révolutionnaires, comme la Société Populaire et Républicaine des Arts, qui excluront à nouveau les femmes du champ de l'art à partir de 1793.

L’artiste talentueuse de ce charmant autoportrait sensible et raffiné, dominé par des roses poudrés et des blancs nacrés, nous regarde. Elle se révèle autant qu’elle s’affirme. Nous en apprenons beaucoup sur elle en contemplant cette œuvre sans que l’état de la recherche à ce jour nous permette de lui donner un nom. Il n’en reste pas moins qu’en plus d’être une œuvre de grande qualité, ce portrait est une parfaite illustration de la vogue du pastel au XVIIIe siècle, et un brillant témoignage de l’attrait des femmes pour ce médium qui caractérise cette fin de siècle. 

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Ce délicat pastel représente une jeune femme saisie à mi-buste, le crayon tenu avec assurance dans la main droite en train de dessiner. Son regard tourné vers le spectateur suggère qu’il s’agit d’un autoportrait.